C'est ce qu'on pressentait ! C'est bien pour ne pas ternir l'image touristique du lac et révéler ses piètres capacités en matière de suivi scientifique du lac, que le SILA délivre en octobre son rapport des mesures de qualité des sédiments réalisées en avril et publié en juin ... Eh! ouais ...tout çà parce que c'est la " cata" sur tous les plans de mesure, que ce soit sur ceux de la pollution en HAP et PCB, que sur celui du bio-fonctionnement révélé par l'indice IOBL ...
Pour preuves, on vous délivre ci-après notre perception  des résultats rapportés sur chacun de ces 3 plans :

 1/ Les Substances dangereuses  «  HAP »  dans les sédiments du lac d’ANNECY

En 2008, le constat des 7 mesures effectuées du Bout du lac jusqu’à ANNECY,  

c’est que c’est tout aussi la « cata »  au niveau des concentrations que sur le seul point de mesure de 2005…  un point de mesure qui était paraît-il  en grande profondeur côté ANNECY. Le plus fort, ce coup-ci,  c’est qu’un  4ième HAP connaît  le dépassement de seuil de l’AGENCE DE  L’EAU !… le « Benzo (b) fluorenthène ».

 Ce qui est sûr,  c’est que les résultats  confirment  ce qu’on pressentait vis à vis de l’origine de ces HAP qui s’accumulent dans les sédiments

 En effet  la contamination  grandit  dans l’axe médian au rapprochement d’ANNECY, où s’établit  la conjugaison maximale de :

- la  pollution atmosphérique de l’agglomération,

- la pollution  des gaz d’échappement  des moteurs à explosion  des voitures et  des bateaux ! ( A noter que le point G, pourtant le plus proche d’ANNECY, au large de la pointe de la Puya,  est un tout petit peu épargné…peut-être  du fait de sa proximité avec la ligne de protection  d’eau potable qui interdit le passage des bateaux à moteurs vers la rive … ).

   Alors, à quand la collecte et le filtrage  des eaux de ruissellement  et le passage aux moteurs propres ??? Depuis  notre Conférence Débat de fin 2007, nos Elus y réfléchissent …

Rappel de présentation et de toxicité des HAP :



2/ Les PolyChloroBiphéniles ou «  PCB »,  ...contamination haute des sédiments !

Seules les mesures des "PCB Indicateurs" ont été réalisées, du fait sans doute que seuls ces derniers sont visés par un seuil de l'AFSSA égal  10 ng / g de Matière sèche de sédiments (  1 ng = 1 millième de millionnième de gramme ) .  Il convient de noter que :

- les autres « PCB » Dioxines et Furanes, sans seuil actuellement,  sont tout aussi sinon plus toxiques que les  PCB Indicateurs.

- la société chargée de la mesure révèle : «  Compte-tenu des très faibles concentrations mesurées ( 1 ng = 1/1000e de millionième de gramme),  de la nature de la matrice étudiée, du type d’analyse effectuée, l’incertitude analytique pour chaque molécule est très forte. A cette incertitude s’ajoute la variabilité interstationnelle qui limite les comparaisons interannuelles »…
Notre perception des résultats  ... 
Le côté grand lac a  toutes les malchances de devoir dépasser un peu partout  le seuil maximum de 10 ng / g  en "PCB Indicateurs" !
Ce n’est pas étonnant que toute la flore et la faune du lac se retrouve contaminés,  au point
de devoir modérer notre consommation de poissons d’ici, ... tous + ou moins contaminés en fonction d’âge et de l’espèce,  pour ne pas dépasser le seuil de consommation de l’AFSSA égal à  « 70 pg / Kg de poids corporel / mois ».
C'est rageant de ne pas savoir, et personne ne cherche à savoir !,  s’il y a encore des sources de pollution actives !


Rappels de présentation et de toxicité des PCB :



3/ Mesure du bio-fonctionnement des sédiments, … l’indice IOBL

 C'est la cata pour le bio-fonctionnement des sédiments ! Confirmation...
- que nos poissons plus rien à bouffer là-bas en dessous,

- de la maigreur des poissons juvéniles de la pêche scientifique ONEMA d’octobre,
- d’une faim difficile à satisfaire, prouvée par la présence maintenant dans leurs estomacs de petits coquillages !  

 Le tableau de résultats ci-dessous révèle en effet une qualité des sédiments :

  •  «  Nulle   à - 68m »,   où l’indice d’appréciation de qualité IOBL = 2,8 / 25 est équivalent à 1/10 à l’école,  avec  seulement 3 individus  / 0,1 m2 ….alors que 100 individus / 0,1 m2 en 1999, …où la + que prudente possibilité de désoxygénation est évoquée par le cabinet d’analyse…
  • « Médiocre à - 51m »,  IOBL = 7,7 / 25 est  équivalent à 3/10 à l’école, avec une faible quantité d’individus 37 / 0,1 m2 !
  • «  Passable à - 34 m »,  IOBL = 11,8 / 25 est  équivalent à  même pas la moyenne  4,7 / 10 à l’école,  avec seulement 85 individus / 0,1 m2 !     

L’indice IOBL est déterminé par les peuplements d’oligochètes, des petits vers, échantillonnés sur le plan d’eau à différentes profondeur. Il permet d’évaluer la capacité des sédiments lacustres à assimiler et à recycler les substances organiques et végétales, et donc aussi leur capacité benthique essentielle pour l’alimentation des poissons. 

Les Oligochètes, qui sont-ils ? …des vers fins vivants dans les sédiments, de taille souvent inférieure à 0,5 cm et de petit diamètre 30 à 60 fois plus petit que la longueur. Les  petits vers rouges « Tubifex », bien connus des aquariophiles qui les achètent séchés et en sachet, en en font partie.

 

L’indice IOBL, varie entre 0 et 25 et  prend en compte : La richesse taxonomique de l’échantillon, La densité du peuplement d’Oligochètes, et Le pourcentage d’espèces sensibles à la pollution.
Son calcul est le suivant : IOBL = S + 3 log10 (D + 1), où  S = nombre de taxons identifiés parmi 100 oligochètes, D = densité en oligochètes pour 0,1 m2. 

Bio-fonctionnement
des sédiments

Point D

Point E

Point F

Profondeur

- 68 m

- 51 m

- 34 m

IOBL

2,8

7,7

11,8

Densité d’Oligochètes

3

37

85

Nombre d’espèces

1

3

6

% espèces sensibles

0

0

8,2

% espèces polluo-résistantes

100

8,1

21,2

 

   Il reste à noter qu'il est grand temps à ANNECY qu'on ait un véritable et complet suivi scientifique du biofonctionnement des sédiments. Eh ouais ! chez eux, au lac Léman, l'organisme CIPEL suit non seulement cet IOBL mais aussi l' IQBC Indice de Qualité Benthique des Chironomidés. Ces Chironomidés ? ... ce ne sont que les autres petits vers ou larves  des sédiments, qui constituent la source principale de nutrition ( ou benthos ) des poissons, et qu'on s'applique à imiter  et à accrocher sur nos hameçons de pêche.

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