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La Direction de l'Agriculture et de la Forêt ( DDAF ) vient d'établir le cahier des charges de l'expertise proposée à des spécialistes plus  indépendants  que l'INRA de Thonon ...


Monsieur,
 
Le lac d’Annecy fait partie des grands lacs alpins d’origine glaciaire. Localisé dans le département français de la Haute-Savoie, dans les Préalpes septentrionales, il culmine à 447 m d’altitude pour une profondeur moyenne de 41,5 mètres. Sa surface s’étend sur 27 km2, avec une forme caractéristique allongée sur 14,6 km pour 0,8 à 3,2 km de large. Le volume d’eau associé est d’environ 1,12 milliards de m3, avec un temps de renouvellement des eaux de l’ordre de 4 ans.
La pratique de la pêche y côtoie de très nombreux autres usages de loisirs que sont la baignade, la navigation de plaisance, les sports nautiques…
Le lac accueille une réserve naturelle dite « du bout du Lac » à son extrémité sud ainsi que deux réserves de pêches situées à Menthon-Saint-Bernard et Talloires (présences d’omblières).
 
Classé en 1ère catégorie, il accueille des populations principalement de féra (Coregonus lavaretus), omble chevalier (Salvelinus alpinus), truite lacustre (Salmo trutta lacustris) et brochet (Esox lucius), et plus accessoirement de perche commune (Perca fluviatilis), lotte (Lota lota), carpe commune (Cyprinus carpio), gardon (Leuciscus rutilus), brème (Abramis brama), ablette (Alburnus alburnus), tanche (Tinca tinca), blennie fluviatile (Blennius fluviatilis), chabot (Cottus Gobio) et goujon (Gobio gobio).
Quelques 2000 pêcheurs amateurs y exercent leur loisir aux côtés de 4 pêcheurs professionnels qui disposent d’une licence pour l’exercice de leur activité.
Des alevinages annuels sont régulièrement effectués en truite lacustres dans les rivières affluentes du lac (Ire, Eau Morte et Bornette) à raison respectivement de 40 000 individus de truite déversées par les amateurs, ainsi qu’en omble chevalier dans le lac avec 100 000 ombles déversés par les pêcheurs amateurs (80 000 individus) et professionnels (20 000 individus).
La pêche y est pratiquée par les amateurs depuis le bord (environ 750 pêcheurs) ou en bateau (quelques 1250 pêcheurs), et par les professionnels en bateau exclusivement, du 1er janvier au 30 novembre.
Les prises sont répertoriées sur des carnets obligatoires pour les professionnels, environ 1100 carnets obligatoires et une trentaine de carnets volontaires pour les amateurs et permettent un suivi piscicole depuis 1992.
 
L’évolution des prises sur les 20 dernières années fait état :
-         Pour l’espèce truite, d’une légère augmentation des prises professionnelles autour de 250 kg et une diminution plus marquée pour les amateurs, actuellement autour de 350 kg,
-         Pour l’espèce omble, d’une nette stabilité des prises professionnelles autour de 500 kg et d’une diminution sensible des prises amateurs, actuellement autour de 5000 kg,
-         Pour l’espèce féra, de prises très fluctuantes d’une année sur l’autre, avec une tendance à la stabilité pour les prises professionnelles depuis quelques années contre une érosion plus nette des prises amateurs, particulièrement marquée en 2007, à la mi-saison.
 
Cette dernière espèce alimente depuis quelques années, mais plus encore depuis le printemps 2007, d’importantes inquiétudes de la part des pêcheurs amateurs qui s’alarment de leur faible niveau de prises par rapport aux pêches professionnelles. Des interrogations existent également concernant la population d’omble chevalier.
Pêcheurs amateurs, pêcheurs professionnels, scientifiques et administration tentent de trouver une explication à ce décalage mais se heurtent à d'importantes divergences de constats et d'analyse entre protagonistes, notamment sur le stock de féras dans le lac d'Annecy.
 
Fort de ces désaccords, il a été décidé de rechercher une base de discussion commune et consensuelle via une approche de la ressource de féra et de l’omble dans le lac annecien. A la production d’une nouvelle étude sur le milieu lacustre, qui a déjà fait l’objet d’études diverses par le passé, il a été préféré la solution, plus rapide, de réunir 3 experts, extérieurs aux actuels acteurs du monde halieutique du lac d’Annecy, pendant 2 jours durant le 2ème quinzaine d’octobre 2007 et de leur proposer une analyse indépendante de l’ensemble des données disponibles depuis 15 ans, avec pour objectif d’évaluer objectivement l’état des populations de corégones, d’inventorier les données non disponibles qu’il serait nécessaire d’acquérir afin d’améliorer la connaissance et la gestion piscicole du lac, et enfin de faire des propositions concrètes quant à l’amélioration de la gestion piscicole du lac, à compter de 2008.
Sur le plan matériel, les experts retenus se verront défrayer de leur frais de déplacement et séjour et seront rémunérés, à un taux restant à convenir, pour les 2 jours de réunion. Ils seront accueillis dans les locaux du Syndicat mixte du Lac d’Annecy (SILA). En début de réunion, une présentation du contexte, de la problématique et des données disponibles sera effectuée par la DDAF, l’INRA et le SILA en présence des représentants des pêcheurs amateurs et professionnels et à la suite de laquelle ces derniers pourront intervenir (au total 1h30 à 2h). Le comité se réunira ensuite à huis clos pour l’expertise, les différents acteurs restant à leur disposition pendant toute la durée de leurs travaux afin de répondre à d’éventuelles questions. Un expert, parmi les 3, devra être nommé par ses pairs comme rapporteur et rendre un écrit de synthèse sous 5 jours. Il pourra par ailleurs être sollicité pour une présentation des résultats à l’occasion de la réunion de la commission consultative de la pêche sur le lac d’Annecy qui se tiendra à Annecy courant novembre 2007.

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